Compte-rendu de concert par Guillaume Liebgott, Jeune Ambassadeur

Compte rendu de concert – Guillaume Liebgott, Jeune Ambassadeur de l’Orchestre

LE BOLÉRO DE RAVEL

Le dimanche 28 janvier 2018, je me suis rendu à un concert intitulé « Le Boléro de Ravel » organisé par l’Orchestre de Cannes au théâtre Croisette.

Etaient invitées les pianistes Lidija et Sanja Bizjak, deux sœurs serbes originaires de Belgrade formées par Zlata Males et au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Le groupe Sympho New de jeunes élèves-musiciens a également été convié à jouer avec l’Orchestre de Cannes.

La direction était assurée par Benjamin Lévy.

Au programme de ce concert :

  • Suite I pour petit orchestre : Andante, Napolitana, Española, Balalaïka d’Igor Stravinski
  • Suite II pour petit orchestre : Marche, Valse, Polka, Galop d’Igor Stravinski
  • Concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur : Allegro, Larguetto, Final (Allegro molto) de Francis Poulenc
  • Boléro de Maurice Ravel
  • La Valse, Poème chorégraphique pour orchestre de Maurice Ravel

Dans la première partie, l’orchestre de Cannes a joué deux Suites de Stravinski. La première m’a beaucoup plu. Certes quelques passages pouvaient paraître spéciaux mais certaines mélodies m’ont vraiment marqué comme celle du hautbois dans le mouvement « Napolitana » car elle était gaie et vive. En revanche, j’ai moins aimé la seconde suite qui était plus abstraite. Surtout la valse où on a l’impression que le flûtiste joue carrément faux ! Cependant, le dernier mouvement, « Galop », est entraînant et énergique et nous fait terminer en beauté ces suites de Stravinski. On pourra remarquer que ces pièces ont fait usage de nombreux ostinatos comme celui joué par les cordes dans le mouvement « Balalaïka » de la première suite ou encore celui joué par les clarinettes dans la « Valse » de la deuxième suite.

Lidija et Sanja Bizjak, les deux pianistes invitées, sont entrées en scène pour interpréter ce concerto pour deux pianos et orchestre de Poulenc. Cette œuvre m’a vraiment ému. Ce jeu de questions/réponses entre les deux pianos a été très bien réalisé par le compositeur et par les pianistes. A l’oreille, on a du mal à distinguer quel piano joue quelle partie. Mais en regardant attentivement les doigts des deux pianistes, on peut plus facilement visualiser ce jeu de deux voix qui dialoguent entre elles. Outre la séparation de ces deux voix, ce sont les changements d’intensité très brutaux par moment qui m’ont particulièrement amusé. Effectivement, dans cette pièce on peut passer du piano au fortissimo en un rien de temps ce qui fait la beauté et l’émotion de ce morceau.

Pour la seconde partie du concert les pianistes sont parties et ont laissé place au groupe Sympho New et à l’orchestre de Cannes. Et vient le moment tant attendu. Le Boléro de Ravel. Le morceau à ne pas manquer. Une des œuvres les plus connues de l’histoire de la musique. Ce thème, cette ambiance…cette pièce est unique et nous procure une ambiance très particulière.

La construction de ce morceau est simple : un ostinato rythmique répété tout le long du morceau, deux thèmes principaux joués à tour de rôle par les différents instruments de l’orchestre, et un grand crescendo qui s’installe tout le long de l’œuvre.

Tous les solos ont été joués par les musiciens de Sympho New, tout en augmentant le volume pour enfin arriver au grand final, les coups de cymbales puis une descente chromatique pour clore en beauté ce chef d’œuvre.

Enfin, La Valse de Ravel est venue clore le concert. Quand le chef d’orchestre a donné le départ j’ai été surpris de ne rien entendre jusqu’à ce qu’une sorte de courant d’air se fasse entendre. C’était les contrebassistes qui frottaient de manière particulière leurs cordes. Puis une mélodie plutôt inquiétante est jouée par le basson. Et peu à peu arrive le rythme entraînant de la valse interprété par tout l’orchestre avec des mouvements tantôt piano et intrigants, tantôt forte et intenses. J’ai bien aimé les mouvements où on sentait vraiment le rythme de la valse. En revanche, je n’ai pas aimé ces passages spéciaux où les mélodies étaient étranges comme celle du basson par exemple.

Si je suis venu à ce concert pour écouter Le Boléro de Ravel, j’ai été agréablement surpris que les autres morceaux du concert aient été tout aussi riches en émotions. Pour conclure, c’était un moment musical exceptionnel que je souhaite absolument renouveler aux prochains concerts de l’Orchestre de Cannes.