PORTRAITS CROISES

Découvrez les portraits de Jean-Emmanuel Caron, contrebassiste à l’Orchestre, et Lionel Fraschini, guitariste, qui seront en concert au Théâtre Alexandre III le 8 novembre prochain à 19h, avec la complicité du violoncelliste François Adloff.
 
Jean-Emmanuel Caron s’initie à l’adolescence à la musique en autodidacte avec quelques amis en jouant du rock puis du jazz. Il intègre ensuite le Conservatoire de Musique et Théâtre de Cannes dans la classe de contrebasse avant de rejoindre celui de Nice. Au cours de ses études, il participe à plusieurs reprises à Sympho New puis entre à l’Orchestre Régional de Cannes en 1994. Lorsqu’il croise le chemin d’une viole de gambe chez son luthier en 2004, il décide d’apprendre à en jouer, tout seul.
Lionel Fraschini commence la guitare à l’âge de 7 ans au Conservatoire de Champigny-sur-Marne. Il poursuit sa formation au Conservatoire de Saint-Germain-en-Laye et d’Aulnay-sous-Bois, au Conservatoire Royal de Bruxelles (Licence) et enfin au Conservatoire royal de Liège (Master). En parallèle de son activité de musicien, enseigne au Conservatoire de Fréjus.
 
Le mot qui définit le mieux votre instrument ?
JEC – Pour la contrebasse, et bien c’est la basse, les fondations, mon rôle c’est l’accompagnement. Alors que pour la viole de gambe, même si c’est une « basse de viole » c’est son aspect autonome et plus mélodique. Ce sont deux instruments complémentaires, et jouer de la viole de gambe me permet de mieux accompagner quand je joue la basse.
LF – La guitare est un instrument pratique et très polyvalent. Je peux l’emmener partout et jouer un très large répertoire allant de la musique de la renaissance à celle de nos jours. Elle est capable de se fondre et de s’adapter à tous les styles.
 
Pourquoi votre instrument ?
JEC – Un peu par hasard, quand j’étais jeune il y avait un groupe qui répétait chez moi et un jour ils ont eu besoin d’un bassiste et je me suis retrouvé avec une basse électrique dans les mains, j’accroché tout de suite, puis je suis passé à la une version acoustique la contrebasse en entrant au conservatoire et encore après la viole de gambe, il faut dire que ces instruments sont techniquement très proches.
LF – Mon père est un passionné de guitare. Il en fait une à deux heures par jour alors que ce n’est pas son métier ! Donc mon choix s’est naturellement porté vers cet instrument.
 
La plus belle œuvre pour votre instrument ?
LF – Alors je dirais Due Canzone Lidie de Nuccio D’Angelo. Parce qu’elles exploitent merveilleusement bien toutes les possibilités de la guitare et D’Angelo sait faire sonner l’instrument !
JEC – Depuis que je joue de la viole de gambe, je suis attiré par la musique de Telemann qui est très inventive et moderne, j’aime beaucoup les sonates ou l’Ouverture pour viole et orchestre en ré majeur.
 
Votre plaisir musical coupable ?
JEC – J’adore écouter Earth Wind and Fire (de la funk). C’est toute ma jeunesse !
LF– J’écoute essentiellement du classique et du jazz.
 
La musique qui vous fait du bien ?
JEC – Toutes. J’aime par exemple l’opéra (Rossini, Mozart, Verdi…), Franck Zappa, The Queen of the Stone Age
LF – J’aime bien les Partitas pour piano de J.S. Bach. C’est par période : j’aime également écouter du jazz manouche, par exemple celui du guitariste Angelo Debarre. Les musiques de Debussy, Ravel, Prokofiev, Moussorsgki, ou encore Stravinski me font également beaucoup de bien !
 
Un message pour notre public ?
LF – Une viole de gambe, une guitare et un violoncelle : c’est une formation peu orthodoxe ! Et je pense que c’est précisément avec une telle formation que l’on peut apporter de la fraîcheur à cette musique. On mélange le moderne et l’ancien pour rendre cette musique limpide et vivante. A l’époque, on faisait de la musique avec les instruments qu’on avait sous la main, c’était très libre. On a donc voulu recréer cette atmosphère. Et puis cette musique dépeint la vie : il y a beaucoup de contrastes et d’émotions différentes, c’est très intense !
JEC – La musique ancienne a beaucoup souffert de préjugés négatifs : elle serait élitiste, ennuyeuse. Notre démarche est de montrer que cette musique est vivante, riche et très intéressante. En tous cas, nous, on prend beaucoup de plaisir à fouiller ce répertoire et on souhaite vous le transmettre !
En savoir plus sur leur concert Voyage Baroque le 8 novembre prochain !
(Re)Découvrez le portrait de François Adloff, violoncelliste.