Julie Berthollet

Depuis les débuts du duo, c’est ce qui alimente et ce dont se nourrit la musique de Julie et Camille Berthollet. Qu’elles évoquent leur enfance à Annecy, la découverte de leurs instruments respectifs (le violon pour lapremière, le violoncelle pour la seconde) ou toutes ces heures passées à s’entrainer, les deux sœurs donnentl’impression de se compléter à la perfection. Chacune termine la phrase de l’autre, rebondit sur un geste ou précise une idée.
« Depuis qu’on est petites, disent-elles d’une même voix, on joue ensemble. On s’est présentées ensemble aux auditions, on pratiquait toutes les deux notre instrument à la maison et on a donné nos premiersconcerts côte à côte quand on avait 10 et 11 ans. »

Aujourd’hui, Julie et Camille ont grandi, gagné en expérience, multiplié les collaborations (Shaka Ponk, Thomas Dutronc, Madame Monsieur…) et accumulé les projets de renom. Mais leur complicité semble toujours aussi vive. Il suffit d’écouter leur nouvel album (le cinquième depuis 2015, tout de même) pour s’en convaincre : sur « Nos 4 saisons », tout semble extrêmement fluide, réalisé avec une rare alchimie.
« Au niveau des compositions, précise Julie, on a trouvé un mode de fonctionnement efficace : je compose la mélodie et on réarrange ensemble dans lafoulée. En revanche, quand on réinterprète une pièce, on évolue réellement en même temps » .Impossible pourtant de parler de la musique des sœurs Berthollet comme d’une formule parfaitement rodée.

Car, si Les 4 saisons de Vivaldi est un classique mainte fois revisité, Julie et Camille en proposent autre chose qu’une simple déclinaison baroque. Écouter leur version de ces quatre compositions imprégnées dans l’imaginaire commun, c’est avant tout accepter de plonger dans leur univers à elles, dans leur vision singulière du violoniste italien, « un des premiers grands compositeurs pour lequel on a eu une véritable passion », précisent-elles. Rappelons au passage que Camille, à15 ans, interprétait « L’été » sur le plateau de l’émission Prodiges sur France 2.

À travers « Nos 4 saisons », enregistré entre Paris et Toulouse, les sœurs Berthollet ont également eu envie d’allerplus loin que la simple réinterprétation de pièces musicales. La zone de confort, très peu pour elles : en plus des compositions originales, Julie et Camille proposent donc quatre chansons inspirées par l’œuvre de Vivaldi. Quatre titres plus pop, plus personnels et plus actuels, enregistrés notamment aux côtés de Joyce Jonathan, Foé ouencore Ycare.

Autant d’artistes pour lesquels elles ont eu un véritable coup de cœur. Et qui, à les entendre, ont conforté leur ambition : casser les stéréotypes liés à la musique classique, tourner le dos aux compromis et s’ouvrir à de multiples collaborations.
« On a envie de se faire plaisir, de réaliser des reprises, de collaborer avec des artistesvenus d’horizons différents, rappellent-elles, fièrement. On veut prouver que l’on peut faire plein de choses avec le classique, que cette musique n’a pas nécessairement besoin de répondre à des éléments ultra codés. »
À ce titre, Nos 4 saisons est donc une franche réussite, tant il permet à Julie et Camille Berthollet de démocratiser toujours plus la musique classique.