Sévag TACHDJIAN

Né à Beyrouth en 1981 et ayant grandi à Nice, Sévag Tachdjian aurait bien passé sa vie à cuisiner houmos, ratatouille, et autres plats du bassin méditerranéen s’il n’avait eu très tôt la révélation de la musique. Enfant, il enchaîne à tue-tête les grands tubes du répertoire lyrique dans sa salle de bain, au grand dam de ses voisins, avant de passer quelques saisons dans la Maîtrise de l’Opéra de Nice et d’étudier le violoncelle dans le Conservatoire de cette même ville.

Après une maîtrise de Lettres Modernes à la Sorbonne et une autre de Journalisme à Strasbourg, ce Français d’origine arménienne retourne dans le droit chemin de la musique et se consacre exclusivement au chant. En 2006, il intègre le CNSM de Lyon et étudie pendant quatre ans dans la classe de Françoise Pollet, avant de se perfectionner auprès de Wolfgang Brendel à Munich, et lors de master-classes avec Anna Tomowa-Sintow, Kurt Moll, Helen Donath, François Le Roux, ainsi que Rudolf Piernay à Salzbourg. De sa passion d’adolescent pour Wagner, le baryton-basse a gardé une attirance pour l’Allemagne et les rives du Rhin.

C’est ainsi qu’il intègre en septembre 2010 le Studio de l’Opéra de Cologne où il enchaîne, pendant deux saisons, des rôles aussi variés qu’un Apprenti aux pulsions meurtrières (Wozzeck de Berg), un Nain de deux mètres (Schneewittchen de Lange), un Baron amoureux d’une tuberculeuse (La Traviata de Verdi), un Perruquier hystérique (Ariadne auf Naxos de Strauss) ou encore un policier romain un tantinet sadique (Tosca de Puccini), et est désigné en juin 2011 comme « Meilleur jeune espoir » par le magazine d’opéra Theater Pur.

Finaliste de plusieurs concours internationaux, il remporte les 2e prix du Concours de Canari et du Concours Komitas à Berlin en 2015. Après avoir traversé le Rhin pour rejoindre l’Opéra du Rhin durant deux saisons et y interpréter des oeuvres rares telles que Owen Wingrave (Britten), La Colombe (Gounod) ou encore Il Campanello (Donizetti) et L’Amico Fritz (Mascagni), Sévag Tachdjian fait ses début en Italie en 2013 en chantant son premier Escamillo dans Carmen (Bizet) au Festival de Montepulciano avant de jouer les bonnes fées dans La Cenerentola (Rossini) à l’Opéra de Tours, dans la mise en scène historique de Jérôme Savary. Attiré depuis longtemps par le répertoire concertant, il entame également une série de récitals autour de mélodies populaires de Dvorak, Comités, Ravel et Tosti qui le mène jusqu’aux Emirats et au Pakistan.

Et après avoir été la basse solo dans les Requiem de Mozart, Fauré, Duruflé, le Stabat Mater de Dvorak, la Petite Messe solennelle de Rossini, il interprètera Raphaël et Adam dans la version française inédite de La Création de Haydn avec Le Palais Royal. Mais que les fans d’opéra se rassurent, il endossera prochainement de nouveaux costumes comme celui du Capitaine dans Don César de Bazan(Massenet) avec les Frivolités parisiennes, Zuniga dans Carmen (Bizet) avec l’Orchestre symphonique de Lyon-Villeurbanne, le Génie de la Lampe dans Aladin (Rota) à SaintEtienne ou encore le 2e Soldat dans Salome (Strauss) à l’Opéra du Rhin.