ÉDITO de BENJAMIN LEVY

J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant.
« Louis Jouvet, notre patron » – Wanda Kerien

Ce bonheur nous a quitté un mauvais jour de mars où nous devions admettre que pour le bien général, nous musiciens, allions être soudainement réduits au silence, qu’il allait falloir nous taire, nous priver de la joie de faire de la musique ensemble, de vous la faire partager. Mauvais bruit du silence obligé.

Ce silence nous a rappelé le trésor que constitue le fait de faire de la musique avec de vrais musiciens pour de vrais spectateurs, dans l’émotion de l’instant, dans sa fragilité.

Ce qu’aura confirmé cette crise sanitaire, c’est la valeur inestimable du contact humain, tout particulièrement dans nos métiers, faits d’interactions inqualifiables et mystérieuses, interactions en temps réel entre les musiciens, par un regard, une respiration, une intention portée par un geste ou un élan parfois imperceptible et inquantifiable.

Interactions avec vous, notre public, que nous sommes si heureux de retrouver enfin.

Car, tout le dévouement des combattants que sont les personnels soignants, tous les efforts de nos administrations publiques pour réorganiser « la vie d’après » auront aussi servi à cela : vous retrouver.

Quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour soutenir l’effort de guerre, il a répondu : « Mais, alors à quoi bon se battre ? »

Heureux, de pouvoir enfin vous le dire : À très bientôt !

BENJAMIN LEVY